La conférence du Caire : les intégrismes contre le développement
La conférence du Caire : les intégrismes contre le développement
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开尔会议:反对发展的一体化
DOI:
10.1051/nss/19950301005
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发表时间:
1995
期刊:
影响因子:
--
通讯作者:
F. Gendreau
中科院分区:
文献类型:
--
作者:
F. Gendreau
La Conférence internationale sur la population et le développement (Le Caire, 5 au 13 septembre 1994) était la troisième conférence réunie sur ces questions à un niveau politique, après celles de Bucarne (1974) et de Mexico (1984), Les 180 pays représentés ont adopté, après huit jours de débats intenses, un" Programme d'action" qui fixe à la com munauté internationale des objectifs dans le domaine de la population, notamment en termes d'éducation, de réduction de la mor talité et d'accès à la planification familiale. En attendant de revenir plus longuement dans une prochaine livraison sur toutes ces questions, nous retiendrons ici trois idéesforces de cette manifestation. Dans le contexte mondial actuel, les débats n'ont pas été perturbés par des affrontements Est-Ouest ou Nord-Sud, ni par des questions très présentes dans les enceintes internationales dans les années récentes, comme les territoires occupés ou l'apartheid. Mais ils ont été dominés par l'irruption en force du religieux dans la sphère démographique (jamais manifesta tion de ce type n'aura autant mérité d'être qualifiée de" grand-messe"!). Les échanges ont été rudes sur de nombreux points: l'égalité entre hommes et femmes, les dif férentes formes du mariage et de la famille, le concept de" santé sexuelle", les droits en matière de sexualité et de procréation, l'avortement (à ou sans risque, légal ou non). En effet, face à une approche laïque et relativement ouverte de ces questions, une opposition bruyante s' est manifestée, résul tant de la convergence de deux courants reli gieux fortement teintés d'intégrisme: le Saint-Siège d'une part, appuyé par plusieurs pays d'Amérique latine, certains pays musul mans d'autre part. Finalement, le Pro gramme d'action a été approuvé par consensus, avec des réserves de certains de ces pays sur différentes parties du texte, cela malgré la référence aux valeurs reli gieuses qui y avait été introduite à leur demande. L'esprit du document en a été profondément modifié et son caractère laïc sérieusement altéré. Deux questions méri tent sans doute d'être posées: n'est-il vrai ment pas possible d'aborder sereinement en cette fin de siècle ces problèmes importants au plan de l'éthique individuelle et collec tive? La société civile ne peut-elle pas se positionner plus clairement par rapport à la sphère religieuse?Second constat, l'absence de véri table débat sur la question du développe ment. Cette absence est d'ailleurs en partie due à la focalisation des débats sur les points évoqués ci-dessus. Deux avancées sont tou tefois à noter en ce domaine: la reconnais sance du" droit au développement",«droit universel et inaliénable faisant intégrale ment partie des droits fondamentaux de l'être humain» et une conception des poli tiques de population allant très au-delà de la seule planification familiale, puisque y incluant notamment les actions en matière d'éducation et de «renforcement du pou voir des femmes». Mais le problème des relations entre la population, l'environne ment et le développement a été curieuse ment évacué des discussions malgré le titre officiel de la Conférence. L'incantation sur «les liens entre population, croissance éco nomique soutenue et développement